4.2.20. Chenevixite
De la chenevixite aurait été identifiée à Cap Garonne. Ne connaissant ni le scientifique responsable de cette détermination, ni l'échantillon, nous citons ce minéral pour mémoire sans plus de précisions. Si ce minéral existe réellement à Cap Garonne, il ne serait pas étonnant de rencontrer dans le futur son isomorphe cuprifère la luethéite.
4.2.21. Phase X1
Ce nouveau minéral, dont nous avons donné les caractéristiques physico-chimiques dans la première partie (cf. III-2.1-b.1) est apparenté au groupe de la tsumcorite. Les échantillons que nous avons étudiés provenaient du pilier 78b (mine Nord).
Ils ont été rencontrés :
soit à la limite du niveau plombifère avec le niveau cuprifère. La phase X1 formait des agrégats pulvérulents cryptocristallins entre les grains de quartz. Le volume de grès affecté par ce minéral avait la forme d'un nodule d'une dizaine centimètres de diamètre ;
Sous sa forme pulvérulente, la phase X1 est pratiquement sur ses échantillons la seule phase secondaire présente. Un peu de malachite a été rencontrée en tant que phase postérieure.
Les échantillons de la phase X1 rencontrés dans les diaclases du niveau cuprifère présentent une association minérale nettement plus riche. Déjà énoncée pour la zdenekite (cf. § 4.2.17), elle est composée, selon une séquence chronologique, par :
anglésite → phase X1 → olivénite → zdenekite
Nous voyons que la phase X1 est encadrée par deux minéraux dont l'apparition indique des pH acides à légèrement acides (pour la borne supérieure du domaine d'apparition de l'olivénite). Nous pouvons en déduire en toute vraisemblance que la phase X1 s'est fonnée en pH acides. Le comportement de la phase X1 est conforme à celui de la tsumcorite que KELLER (1977) place dans la séquence acide de l'altération à Tsumeb.
4.2.22. Phase X2
La phase X2 (cf. Première partie, III-2.1-b.2) a été découverte sur des échantillons provenant d'une diaclase du pilier 46. Elle y était associée à : olivénite, cyanotrichite, chalcophyllite, parnauïte et iidatéite. Nous aimerions apporter quelques précisions au sujet du dernier minéral de cette association. Au moment de sa découverte à Cap Garonne, aucune donnée le concernant n'était connue.
Avant de commencer sa caractérisation pour le proposer comme nouvelle espèce au CNMMN de l'IMA, nous nous sommes enquis auprès de son responsable français pour savoir si un minéral identique n'avait pas déjà été proposé. Ceci avait été le cas. sous le nom d'iidatéite, mais ce minéral avait été refusé de peu. Nous avons donc entrepris son étude à partir du matériel de Cap Garonne et une fois celle-ci terminée, nous avons pris contact avec les auteurs originaux en leur envoyant nos résultats et en leur proposant de soumettre conjointement un nouveau rapport à l'IMA.
Précisons seulement que la formule de l' "iidatéite" de Cap Garonne que nous avons obtenue est :
Cu5 Al5 [(SiO4), (SO4), (AsO4)]3 (OH)14 . 4 H2O
Revenons maintenant à la phase X2. Nous l'avons observée dans deux types d'associations des minéraux précédemment cités :
1 - la phase X2 reposait directement à la surface de cristaux aciculaires de cyanotrichite (cf. photo 19, annexe E) ; de la parnauïte était aussi présente ;
La rareté de la phase X2 ainsi que de l' "iidatéite" tient à la rareté, dans le processus d'altération à Cap Garonne, de solutions météoriques nettement basiques, dont nous avons vu qu'elles n'apparaissaient que tardivement dans le déroulement de l'altération et de façon très localisée (cf. clinoclase, § 4.2.7).