b. Espèces nouvelles

1) GROUPE DE LA TSUMCORITE. PHASE X1
Pb Cu2
X Fex3+ (AsO)x . 2-x H2O avec x ≈ 0,8-0,9 ?


Historique

Cette phase a été remarquée, à la mine de Cap Garonne, pour la première fois par PERROUD (1987). L'absence de cristaux suffisamment importants pour l'étude d'un monocristal, de même que les difficultés de préparation d'une section polie pour analyse à la microsonde électronique, l'arrêteront dans son étude. Durant la recherche systématique des arséniates de cuivre de la mine de Cap Garonne, nous avons rencontré de nouveau ce minéral (nommé par nous phase X1) ainsi que par la suite, les mêmes difficultés que PERROUD pour le caractériser. Cependant, nous avons pu avancer dans son étude grâce à la dextérité d'un technicien du service de polissage (D. GUEANT), qui nous confectionna une section polie permettant d'obtenir la première analyse quantitative. C'est principalement ce résultat que nous exposons ci-dessous. Il demande à être précisé, ce que nous espérons réaliser sur un matériel récemment découvert, plus favorable au polissage car plus compact. De plus, ce matériel pourrait peut-être, de par la présence de cristaux isolés, permettre de compléter la description de la phase X1 au point de vue radiocristallographique.
Il semble que ce même minéral ait été rencontré dans d'autres localités, mais n'a fait l'objet que de clichés RX et d'analyses qualitatives.

Propriétés physiques

La phase X1 est de couleur jaune lumineux à jaune vert, son éclat est le plus souvent terreux, en raison de la ténuité des cristaux ; parfois gras pour les assemblages cristallins compacts.

Propriétés optiques

Aucune propriété optique n'a été déterminée sur le matériel de Cap Garonne. WALENTA (1976) signale un indice de réfraction moyen de 1,91 pour un minéral proche provenant de Molá, Espagne.

Habitus

La phase X1 se présente entre les grains d'un grès quartzeux, en agrégats pulvérulents cryptocristallins, parfois en sphérules inframillimétriques à pointements cristallins, rarement en cristaux isolés, tabulaires, d'environ 30 µm.

Radiocristallographie

La phase X1 appartient à la famille de la tsumcorite ; elle est soit monoclinique, soit triclinique. Pour l'instant, seul un diagramme de poudre a été réalisé.

Diagramme de poudre (tableau 40) : nous constatons une grande similitude entre les diagrammes de poudre de la phase X1 et ceux des autres phases cuprifères de la famille de la tsumcorite. La différenciation entre ces phases uniquement à partir de leurs diagrammes ne semble pas réalisable. Il est intéressant de noter l'orientation préférentielle des cristaux de la phase X1 sur la préparation du diffractomètre, comme en attestent les différences d'intensité entre le diagramme obtenu par la méthode de poudre avec une caméra Debye-Scherrer et celui du diffractomètre.

Tableau 40 : Comparaison de diagrammes de poudre de la phase X1 de Cap Garonne à ceux de différentes phases cuprifères connues ou inconnues de la famille de la tsumcorite.

1 - Phase inconnue (Pb, Fe, Cu, As, S) de Mo à, province de Tarragona, Espagne. WALENTA (1976).

2 - Phase inconnue (Pb, Fe, Cu, As, S) de la Mürtschenalp, Suisse. SCHMUTZ et al. (1982).

3 - Phase X1 (Pb, Fe, Cu, As) de Cap Garonne. Cette étude. Debye-Scherrer Ø 76,4 mm, radiation CuKα.

4 - Phase X1 (Pb, Fe, Cu, As) de Cap Garonne. Cette étude. Diffractomètre. Radiation CoKα.

5 - Gartrellite, échantillon de la localité type. Cette étude. Diffractomètre. Radiation CoKα.

6 - Gartrellite. NICKEL et al. (1989). Caméra Guinier, 80 mm, radiation CuKα, intensités mesurées par diffractomètre (* : indique les réflexions non détectées par le diffractomètre).

7 -Thometzekite. SCHMETZER et al. (1985). Debye-Scherrer, Ø 114,6 mm. Radiation FeKα.


Structure
: proche de celle de la tsumcorite.

Spectre Raman

Le matériel de la mine de Cap Garonne a brûlé sous le faisceau laser. Ceci est dû en partie à la finesse des agglomérats cristallins.

Composition chimique (tableau 41)

Tableau 41 : Composition chimique de la phase X1 (microsonde électronique ; * : par différence).

Cas 1) a : moyenne de 65 analyses ponctuelles (% pondéraux)
b : nombre d'atomes calculé sur la base de 10 oxygènes.

Cas 2) c : moyenne de 65 analyses ponctuelles, après déduction de SiO2.
D : nombre d'atomes calculé sur la base de 10 oxygènes.


Les résultats d'analyses à la microsonde traduisent, par d'importantes variations des pourcentages pondéraux d'une analyse à l'autre, la nature cryptocristalline du matériel. Cependant, le calcul d'une formule empirique sur la base de 10 oxygènes (comme pour la tsumcorite) à partir de la moyenne des 65 analyses ponctuelles aboutit à un résultat cohérent. L'utilisation de cette moyenne semble justifiée malgré les variations mentionnées, par le comportement gaussien des résultats. Ceci peut être mis en évidence par la quasi égalité entre la valeur pondérale moyenne pour un oxyde donné et la valeur moyenne obtenue à partir de pourcentages extrêmes correspondants. Il est bien évident que d'autres analyses sur un matériel compact seraient souhaitables. Ceci est envisagé. En supposant que tout le fer est sous la forme Fe3+, ce qui semble vraisemblable étant donné la formation de la phase X1 dans la zone d'oxydation et en déduisant (cas 2) ou non (cas 1) la teneur en SiO2 qui pourrait être liée à l'analyse conjointe de fines particules de quartz, nous obtenons les formules empiriques suivantes :

Cas 1)

Pb1,08 [(Cu1,20 Zn0,05)1,25 (Fe0,613+ A10,32)0,93]2,18 [(AsO4)1,89 (SO4)0,05]1,94 (OH)1,68. 0,54 H2O

Cas 2)

Pb1,0 [(Cu1,15 Zn0,04)1,19 (Fe0,583+ Al0,31)0,89]2,08 [(AsO4)1,81 (SiO4)0,20 SO4)0,05]2,06 (OH)0,80. 0,94 H2O

Ces deux formules peuvent être généralisées, avec une meilleure correspondance dans cas 2), sous la forme :

Pb Cu2x (Fe3+, Al)x (AsO4)2 (OH)x . 2x H2O avec x ≈ 0,8-0,9
c'est-à-dire la formule de l'analogue cuprifère de la tsumcorite
Pb (Zn2x, Fex3+) (AsO4)2 (OH)x . 2x H2O.
La phase X1 pourrait correspondre à cet analogue, mais aussi à la gartrellite, que nous ne pouvons pas exclure, n'ayant pas vérifié la présence éventuelle de CO2 (aussi contestable soit-elle). Rappelons que la formule empirique de la gartrellite, en ne considérant que la seule présence d'H2O, soit
Pb1,03 (Cu1,21 Fe0,753+)1,96 (AsO4)1,88 (SO4)0,10 (OH)0,89 . 1,19 H2O
ou encore
Pb (Cu2x Fex3+) (AsO4)2 (OH)x . 2x H2O avec x ≈ 0,8,
est comparable à celle de la phase X1.


Synthèse
: non réalisée.

Paragenèse - association minérale

La phase X1 de Cap Garonne se rencontre soit seule (avec un peu de malachite), soit associée à anglésite, zdenekite et olivénite.

Gisements

Cap Garonne, Var, France. Des phases inconnues de la famille de la tsumcorite possédant un chimisme qualitatif et un diagramme de poudre proches de la phase X1 ont été rencontrées à -: Molá, Taragona, Espagne (WALENTA, 1976) avec malachite et à la Mürtschenalp, Suisse (SCHMUTZ et al., 1982) avec olivénite.

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