12) PHILIPSBURGITE (Cu, Zn)6 (AsO, PO)2 (OH)6 . H2O

Historique - Localité type

La philipsburgite a été découverte à la mine Black Pine, près de Philipsburg, Montana (PEACOR et al., 1985). Elle constitue l'analogue arséniaté de la kipushite (Cu, Zn)6 (PO4)2 (OH)6 . H2O (PIRET et al., 1985).

Étymologie

Pour rappeler la localité type.

Propriétés physiques

La philipsburgite est de couleur vert émeraude, sa poussière vert lumineux. Elle est transparente à subtranslucide et son éclat est vitreux. Aucun clivage n'a été mentionné sur le matériel du Montana. WALENTA et al. (1985) signalent un clivage parallèlement à (100) pour la philipsburgite de Neubulach. Elle possède une dureté Mohs comprise entre 3 et 4 et une densité mesurée de 4,07(1) g/cm3 (dcalc = 4,04 g/cm3).

Propriétés optiques

Ce minéral est biaxe négatif, 2Vmes = 16(2)° (2Vcalc = 17°). Sa dispersion est moyenne avec r > v. Ses indices de réfraction sont : α = 1,729(2) ; β = 1,774(2) et γ = 1,775(2). WALENTA et al. ont mesuré des indices de réfraction beaucoup plus élevés [α = 1,742(3) ; β = 1,791 et γ = 1,792(3)] pour la philipsburgite de Neubulach ; cette dernière possède des pourcentages pondéraux en CuO et As2O5 supérieurs à ceux de Black Pine. Le pléochroïsme est moyen, avec X = vert pâle et Y = Z= vert moyen. Son orientation optique est : Z // b et c  Y = 7°.

Habitus

Le plus souvent en sphérulites à pointements cristallins ou encroûtements fibroradiés ; plus rarement (Black Pine) en cristaux légèrement incurvés (jusqu'à 0,3 mm de long) allongés // à [010] et présentant principalement une face (100) composite.

Radiocristallographie

Système monoclinique, groupe spatial P21/c ; ses paramètres de maille sont : a = 12,33(8) ; b = 9,20(4) ; c = 10,69(3) Å ; β = 92,92(35)° ; V = 1204 Å3 et Z = 4 (PEACOR et al., 1985).

Diagramme de poudre. Caméra Gandolfi, Ø = 114,6 mm, radiation CuKα. PEACOR et al. (1985).

Principales raies de diffraction (d, hkl, I) : (2,559, 132-114-014, 100) ; (4,05, 300-121, 90) ; (12,2, 100, 80) ; (2,666, 412-123-104-032, 60) ; (3,405, 122-311-221, 50).

Structure

La philipsburgite est l'analogue arséniaté de la kipushite dont la structure a été déterminée par PIRET et al. (1985). Elle consiste en deux feuillets d'octaèdres et de tétraèdres [(Cu, Zn)5 (OH)5 (H2O) PO4]2+ et d'un feuillet de tétraèdres [Zn (OH) PO4]2 réunis entre eux par les sommets communs aux tétraèdres PO4 et ZnO3 (OH) et par des liaisons hydrogène. Les 24 atomes (Cu, Zn) de la maille de la kipushite sont distribués dans 6 sites ; l'un étant tétraèdriquement coordonné n'est rempli que par le zinc, les 5 autres sont coordonnés octaédriquement, deux d'entre eux sont déformés par l'effet Jahn Teller et ne contiennent que des atomes de Cu, les 3 autres pouvant accommoder Cu et Zn.

Spectre Raman : non déterminé

Composition chimique (tableau 38)

Tableau 38 : Composition chimique (% pondéral) de la philipsburgite.

1 - Black Pine, Montana. PEACOR et al.(1985).

2 - Neubulach, Schwarzwald, Allemagne. WALENTA et al. (1985).

3 - Potts Gill mine, Caldbeck Fells, GB. BRAIHWAITE et RYBACK (1988).

4 - Composition théorique pour Cu5 Zn (AsO4)2 (OH)6 . H2O


Ces analyses illustrent bien l'existence d'une solution solide entre kipushite et philipsburgite. Son étendue pourrait être limitée comme en attestent les teneurs en P2O5 similaires constatées à Neubulach et Caldbeck Fells. Les pourcentages en CuO et ZnO des analyses 2 et 3 se rapprochent des valeurs correspondant à une occupation idéale des sites Cu et Zn prouvée par la structure où les 5 sites octaédriquement coordonnés ne seraient occupés que par du cuivre, soit Cu5 Zn (AsO4, PO4)2 (OH). H2O.

Synthèse : non réalisée.

Paragenèse - association minérale

Dans les trois gisements étudiés, la philipsburgite n'est associée qu'à un nombre limité d'espèces minérales. Dans la localité type, elle n'a été rencontrée directement associée qu'à de la mimétite à laquelle elle est postérieure. C'est le dernier minéral de la paragenèse, à part parfois un léger recouvrement de chrysocolle. À la mine Potts Gill, dans les Caldbeck Fells, elle partage des géodes de quartz dans la barytine avec de la malachite à laquelle elle est postérieure (COOPER et STANLEY, 1990). Signalons aussi dans cette région son occurrence à Low Pike, associée à cornwallite phosphatée, bayldonite et mimétite (COOPER et STANLEY, 1990). Enfin, à Neubulach, Schwarzwald, Allemagne, la philipsburgite a été identifiée accompagnant : Ba-pharmacosidérite, malachite et cornubite, cette dernière lui étant postérieure. WALENTA et al. (1985), considérant l'existence dans le même gisement de termes de la série adamite - olivénite qui se forment à partir de solutions à pH compris entre 3 et 7, évoquent la possibilité que la philipsburgite se soit formée à partir de solutions alcalines. À notre avis, la présence de cornubite postérieure le confirme. La rareté de la philipsburgite doit résider en la difficulté d'obtenir une solution suffisamment riche en zinc à ce stade de l'altération, les minéraux secondaires de zinc, du fait de la solubilité de ce dernier, tendant à précipiter les premiers.

Gisement

La philipsburgite a été rencontrée à : mine Black Pine, Philipsburg, Montana ; Neubulach, Schwarzwald, Allemagne ; enfin à Low Pike et Potts Gill mine, Caldbeck Fells, Grande-Bretagne.

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