5) LIROCONITE Cu2 Al (AsO) (OH)4. 4H2O

Historique - Localité type

La première mention de ce minéral dans la littérature est due au comte DE BOURNON (1801). Les échantillons étudiés provenaient de Cornouailles, Grande-Bretagne. Il a reçu sa dénomination actuelle par BEUDANT (1832).

Étymologie

Du grec leiros, pâle et konia, poudre, par allusion à la couleur de sa poussière.

Propriétés physiques

La liroconite est transparente à translucide, son éclat est vitreux à résineux. Elle possède une couleur et un trait bleu ciel à vert-de-gris, ainsi que deux clivages indistincts {110} et {001}. Sa densité mesurée varie de 2,9 à 3 selon le degré de substitution As par P. Sa dureté est comprise entre 2 et 2,5 et sa cassure est inégale à conchoïdale.

Propriétés optiques

La liroconite n'est pas pléochroïque. Biaxe négative, avec 2Vcalc = 72°(5), sa dispersion est moyenne avec r < v. Ses indices de réfraction sont : α = 1.612(3) ; β = 1,652(3) et γ = 1,675(3). Elle présente une orientation optique telle que Y = b et Z  a = 25°.

Habitus

En cristaux le plus souvent lenticulaires avec l'apparence d'octaèdres très aplatis. Les faces {110} et {011} sont striées parallèlement à leur arête commune.

Radiocristallographie

Système monoclinique, groupe spatial I2/a ? Ses paramètres de maille sont : a = 12,67 ; b = 7,55 ; c = 9,86 Å ; β = 91°23' et Z = 4 (BERRY, 1951).

Diagramme de poudre (BERRY, 1951). Diffractomètre, radiation CuKαl.

Principales raies de diffraction (d, hkl, I) : (6,52, 110, 100) ; (6,03, 011, 80) ; (3,00, 013-022, 50) ; (2,699, 321-222, 30).

Structure (KOLESOVA, 1967)

Nous n'avons pas pu nous procurer cette publication.

Spectre Raman (CHIAPPERO, PINET) (fig. 31)

Fig. 31 - Spectre Raman de liroconite de Cornwall ; non analysé, orientation quelconque. Puissance laser 50 mW, obj. 50,5 périodes de 2 s. Raman Dilor XY. Lab. ITODYS, Univ. Paris VI (CHIAPPERO, PINET).

 

Composition chimique (tableau 27)


Tableau 27 : Composition chimique de la liroconite (% pondéral)

1 - Cornouailles, GB. HERMANN (1844) in PALACHE et al. (Dana's 7th ed.).

2 - Cornouailles, GB. DAMOUR (1845). in PALACHE et al. (Dana's 7th ed.).

AsO4 est fréquemment substitué dans la liroconite de Cornouailles par PO4 jusqu'à un rapport P/As = 1/3,8.

Synthèse : non réalisée

Paragenèse - association minérale

La liroconite est typiquement un minéral formé en contexte basique. Elle est le plus souvent associée à chrysocolle, clinoclase, olivénite, azurite / malachite, plus rarement à cornwallite / cornubite, chalcophyllite et strashimirite.

Gisement

La liroconite n'est pratiquement connue qu'en Cornouailles dans la région de Gwennap. Elle y fut abondante au XVIIIe siècle, en particulier dans la zone d'oxydation des mines de Wheal Gorland et Wheal Unity. Les plus grands cristaux extraits durant cette période atteignaient exceptionnellement 3 cm. D'autres échantillons moins remarquables furent produits lors de la reprise de l'exploitation au XIXe siècle. La paragenèse de la liroconite anglaise est constituée le plus communément par chrysocolle, clinoclase, olivénite, azurite, plus rarement chalcophyllite et strashimirite. Dans ses autres gisements, la liroconite ne forme plus que des cristaux millimétriques. Elle a été rapportée dans quelques localités allemandes, en particulier à la mine Guckäuglein, près Schwarzenberg, Sadisdorf, et celles de Altväter et Eschig près Mortelgrund, Sayda, Saxe. Elle a été signalée aux mines de Preobrashenski, Oural, ex-URSS et à la mine Cerro Gordo, Inyo Co., Californie, associée à linarite et calédonite. Dans cette dernière localité, elle n'a pas été confirmée par PEMBERTON (1983).

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