4) ARHBARITE Cu2(AsO)(OH).6H2O

Historique - Localité type

L'arhbarite a été découverte en 1979 à la mine d'Arhbar dans le district cobalto-nickélifère de Bou Azzer, Maroc, et décrite par SCHMETZER et al. (1982).

Étymologie

Pour rappeler sa localité type.

Propriétés physiques

La description de SCHMETZER et al. (1982) ne donne comme propriétés physiques du minéral que sa couleur et celle de son trait. L'arhbarite se présente en agrégats sphérolitiques bleu. La couleur du trait est bleu pâle.

Propriétés optiques

L'arhbarite est biaxe de signe indéterminé, l'angle 2V est proche de 90°. Seuls des indices de réfractions relatifs ont pu être mesurés : n'x = 1,720, selon l'allongement des fibres et n'z = 1,740 perpendiculairement. Le minéral possède un pléochroïsme tel que X' = bleu turquoise, Z' = bleu turquoise profond et un angle d'extinction proche de 45°.

Habitus

En agrégats sphérolitiques atteignant 0,3 mm de diamètre, constitués de cristaux fibreux mesurant environ 10 µm de long pour 1 à 2 µm d'épaisseur.

Radiocristallographie

Seul le diagramme de poudre a été obtenu par SCHMETZER et al. (1982). À partir des considérations structurales tirées du travail de FINNEY (1966) selon lesquelles l'euchroïte peut être considérée comme une olivénite hydratée, et par un raisonnement analogue, KATO (1981) (in SCHMETZER et al., 1982) considère l'arhbarite comme une euchroïte hydratée et propose, en s'appuyant sur le diagramme de poudre, une symétrie monoclinique avec pour paramètres de maille a = 16,988, b = 15,901, c = 6,10 Å et β = 97,5°. Cependant SCHMETZER et al. (1982), dans cette hypothèse d'une parenté structurale entre euchroïte et arhbarite, n'expliquent pas pourquoi les indices de réfraction de l'arhbarite sont supérieurs à ceux de l'euchroïte alors que la structure moins dense (degré d'hydratation ?) de l'arhbarite voudrait le contraire. Le problème ne sera résolu qu'avec l'étude d'un monocristal.

Diagramme de poudre (Camera Debye-Scherrer Ø 114,6 mm, radiation FeKα).

Principales raies de diffraction (d mesuré, Intensité visuelle) : (4,57, 100) ; (4,51, 90) ; (3,72, 60) ; (2,602, 50) ; (2,474, 50) ; (3,25, 40) ; (2,891, 40) ;(2,632, 40).

Structure : non déterminée

Spectre Raman : non déterminé

Composition chimique :

Tableau 12 : Composition chimique (% pondéral) de l'arhbarite (SCHMETZER et al.,
1982) (* eau par différence)

Le minéral a été analysé à la microsonde électronique. L'eau a été calculée par différence. La présence de cette dernière a été confirmée sous la forme d'ion OH et de molécules H2O par une étude infrarouge. Le tableau 12 donne la composition expérimentale comparée à la composition théorique.

Synthèse : non réalisée

Paragenèse - Association minérale

L'arhbarite a été rencontrée sur une matrice constituée de dolomite, hématite, talc et löllingite. Elle était associée aux minéraux secondaires suivants : érythrite, pharmacolite et mcguinnessite. De part la présence d'érythrite et surtout de mcguinnessite (Mg,Cu)(CO3) (OH)2, nous supposons que l'arhbarite a précipité à partir de solutions alcalines. La présence de pharmacolite est curieuse ; à notre avis, elle n'appartient pas à la paragenèse de l'arhbarite.

Gisement

L'arhbarite n'a été signalée que dans le seul gisement d'Arhbar (Bou-Azzer, Maroc).