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QU'EN EST-IL DE L'HISTOIRE DE LA MINÉRALOGIE ?

- ARISTOTE (384-322 av. J.C.) est le premier à diviser le monde minéral en deux classes : les métaux et les fossiles.

- En 315 avant J.C., THEOPHRASTE décrit le Chrysocolle, le Cinabre et le Gypse.

- Puis il faut attendre quatre siècles pour trouver les descriptions de PLINE L'ANCIEN (23-79 ap. J.C.) dans les quatre derniers volumes de son histoire naturelle consacrée aux minéraux et aux gemmes. C'est à PLINE L'ANCIEN que nous devons les noms de Diamant, Galène, Orpiment, Stibine.

- Mais il faut attendre le 16e siècle pour que soit fondée la minéralogie moderne, par le naturaliste allemand Georg BAUER (1494-1555), dit ''Agricola”, dont le célèbre traité “DE RE METALLICA'' fut publié un an après sa mort en 1556. Cet ouvrage a été traduit en plusieurs langues, considéré comme le premier traité de minéralogie descriptive, il a, avec le “DE RE NATURA FOSSILIUM”, perduré pendant deux siècles avant d'être dépassé.

AGRICOLA est bien le premier à utiliser, pour décrire les minéraux, les propriétés telles que la couleur, l'éclat, le goût, la dureté et la densité.

En 1669, STENON observe que les angles des cristaux sont constants, en étudiant des cristaux de quartz de différentes grosseurs, formes et origines.

- La même année, Erasmus BARTHOLIN découvre la double réfraction de la lumière dans un cristal de calcite.

HUYGENS (1629-1695) étudie l'optique des cristaux anisotropes.

- C'est Axel-Frederik de CRONSTEDT (1722-1765), qui rapproche la chimie et la minéralogie avec l'emploi du chalumeau pour étudier les diverses réactions à la chaleur, à l'aide d'acides et de fondants.

- En 1783, CARANGEOT, élève de Romé DE l'ISLE, observe le premier la constance des angles des cristaux pour une espèce minérale et Romé DE l'ISLE énonce la loi de constance qui fit de lui le père de la cristallographie.

- Mais c'est René JUST HAÜY, professeur au Collège de Navarre et académicien, qui publie en 1784 un essai d'une théorie sur la structure des cristaux. Il découvre les règles de symétrie des cristaux et propose le premier les sept systèmes cristallins, toujours utilisés de nos jours.
En 1801, il publie un traité en quatre volumes et un “Atlas des Formes Cristallines”.

- Au 18e siècle, WERNER crée la minéralogie descriptive avec son ouvrage “Caractères externes des minéraux”, ouvrage considéré comme le sommet de la minéralogie.

- BREITHAUPT définit les paragénèses, BERZELIUS et son élève MITSCHERLICH, étudient la chimie des espèces minérales. FEDOROV et SCHOENFLIES distinguèrent 230 groupes spaciaux en cristallographie.

- Citons parmi les grands minéralogistes, les travaux et les découvertes de WOLLASTON, DES CLOIZEAUX, MILLER, ou encore GOLDSCHMIDT, qui a laissé un Atlas des Formes Cristallines contenant 23 606 dessins ou encore Alfred LACROIX, auteur du célèbre ouvrage “Minéralogie de la France” en six volumes, publié en 1893 et réalité en 1962 puis en 1977 ; il fait encore aujourd'hui la joie des minéralogistes.

- Rappelons qu'en 1895, le physicien allemand RÖNTGEN découvre les rayons X, rayons dont la longueur d'onde est semblable à la distance supposée entre les atomes. C'est ainsi qu'en 1912, Max VON LAUE constatait qu'un pinceau de rayons X traversant un cristal était dévié par les plans atomiques et se divisait en plusieurs faisceaux.

- En 1913, William Henry BRAGG et son fils déterminent les structures atomiques de l'Halite, de la Blende (ou Sphalérite) et du Diamant.

- Ces découvertes ont conduit à la naissance de la radio-cristallographie.

- Nous avons vu que THEOPHRASTE, en 315 av. J.C., avait dénommé les minéraux Chrysocolle, Cinabre et Gypse, puis que PLINE L'ANCIEN au début de l'ère chrétienne avait donné les noms de Diamant, Galène, Orpiment et Stibine.

- Aujourd'hui, les noms de minéraux modernes doivent se terminer en “ite”, en référence au terme grec ''lithos”, qui signifie pierre.

- Mais les pratiques consistant à nommer un minéral d'un nom d'une personne, ou d'un terme qui rappelle sa formule chimique ou certaines de ses propriétés externes sont dues à WERNER et HAÜY.
En 1792, HAÜY nomme l'Euclase, du grec Eu qui signifie “bien” et KLATOS signifiant ''brisé'', allusion au clivage facile du minéral. En 1797, il nomme le Dioptase, du grec DIOPTEUEIN, qui signifie “voir dedans”, en effet, le clivage interne du minéral est visible par transparence.
WERNER fut le premier à dédier le nom d'un minéral à une personne. Ainsi, en 1786, il dédia la Torbernite au chimiste suédois TORBERN OLOF BERGMAN, ou encore, en 1789, la Prehnite dédiée au Baron VON PREHN qui découvrait l'espèce.

- En 1884, EVANS, aux États-Unis, nomma la Colémanite dédiée à W.T. COLEMAN, fondateur de l'industrie californienne du Bore.

- Pour la mine de Cap Garonne, rappelons, par exemple, que SARP et PERROUD, en 1988, nommèrent la Camerolaïte, dediée à M. CAMEROLA, Président de l'Association des Amis de Cap Garonne, ou encore la Deloryite, nommée par SARP et CHIAPPERO, dédiée à M. DELORY, membre de cette association.

- Parfois, c'est la localité type du minéral dont le nom est utilisé comme racine, tel par exemple :

  • l'Autunite, décrit par BROOKE et MILLER en 1852, sur l'étude d'échantillons provenant de la ville d AUTUN en Saône-et-Loire ;

  • ou encore la Chaméanite, décrite par JOHAN et ses collaborateurs en 1982, et qui tire son nom de Chaméane, dans le Puy-de-Dôme.
- Enfin, évoquons la Cap Garonnite, qui tire son nom du gîte de Cap Garonne, ou encore la Pradetite décrite par SARP en 1991, dont la racine est la commune du Pradet, dans le Var.

- Ce sont même les symboles chimiques qui peuvent être utilisés pour nommer un minéral, tel par exemple, la Vanuralite, décrite par BRANCHE et ses collaborateurs, en 1963, minéral composé de Vanadium, Uranium et Alumine.

Pour achever cette histoire générale de la minéralogie, sourions à cette mésaventure :
Un jour, un minéralogiste nomma un minéral proche de l'Adamite, Evéite, en l'honneur d'Eve, première femme, en ignorant que l'Adamite ne tirait pas son non du premier homme, mais du nom du minéralogiste français, Gilbert Joseph ADAM.

 
 
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