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MINÉRALOGIE DE CAP GARONNE
Si du point de vue minier et économique, la mine de Cap Garonne n'a présenté que peu d'intérêt, il n'en va pas de même pour bien des minéralogistes.
Dès 1956, suite au travail fondamental de Monsieur Claude-Jean GUILLEMIN (hélas décédé en avril 1994 et qui fut Conseiller du Bureau de Recherches Géologiques et Minières), l'extrême richesse du gisement en espèces minérales (dont certaines étaient jusqu'alors rares ou peu connues) est démontrée et l'intérêt minéralogique du gîte est reconnu mondialement.
Aujourd'hui, lorsqu'on examine la littérature spécialisée ou non en minéralogie, le gîte de Cap Garonne apparaît comme l'un des plus importants du globe ; avec plus de cent trente espèces minérales décrites, le gisement de Cap Garonne se classe au 5e rang avec ceux d'Afrique Australe, de l'Amérique du Nord et du Brésil.
La minéralogie primaire du gîte plumbocuprifère du Cap Garonne est simple : - On rencontre des matériaux parfois détritiques tels que la Galène, la Chalcopyrite, la Sphalérite ou Blende, la Pyrite et la Bornite (Sulfure de Fer, de Cuivre et de Plomb), ou encore la Tennantite (sulfo-arséniate de Cuivre), dont la présence explique la particulière richesse des Arséniates, dont plus de 35 espèces ont été dénombrées.
- Cette minéralogie primaire est enrichie par des produits de cémentation, particuliers au ciment du conglomérat tels que la Chalcocite et la Covellite qui sont des Sulfures simples de Cuivre et qui constituent le minerai principal qui a été exploité.
En règle générale, la Galène se rencontre à la partie supérieure de la couche minéralisée alors que la Chalcocite et la Covellite dominent dans la partie inférieure.
Quant à la minéralogie secondaire, elle s'est établie à partir du lessivage des matériaux détritiques primaires et des produits de cémentation.
En effet, à l'aube du trias, daté à 270 millions d'années, existait dans la chaîne hercynienne, des filons hydrothermaux à gangue de Quartz avec Baryte accessoire, minéralisés en Galène, Tennantite, Chalcopyrite, Bornite, Sphalérite et Pyrite avec des traces de Cobalt et d'Uranium.
Au début du trias, le démantellement de ces filons hercyniens aboutit à la formation d'une couche détritique de grès et conglomérats à ciment riche en minerais de Plomb, Cuivre, Fer et Zinc.
Au cours des temps géologiques, cette couche métallifère a été lessivée par les eaux superficielles. Les métaux contenus dans les sulfures primitifs ont été remis en solution et précipités sous forme de Sulfures de Cuivre secondaires ou produits de cémentation. C'est la formation de la Chalcocite et de la Covellite qui, se déposant à la base de la couche, constituent la zone dite de cémentation, alors que la Galène se concentre à la partie supérieure du conglomérat.
Les percolations issues du lessivage par les eaux superficielles aboutissent à la formation des Sulfates et des Arséniates. Ces derniers résultent de la forte teneur du minerai en Tennantite (Sulfo-Arséniure de Cuivre et de Fer).
L'oxydation des Sulfures secondaires de cémentation aboutit à la formation de nouveaux composés carbonatés et hydratés tels que l'Azurite et la Malachite, particulièrement abondants dans le gîte.
Les processus de lessivage, percolation et précipitation se déroulent encore actuellement et conduisent à la formation de Calcite (Carbonate de Calcium), de Gypse (Sulfate de Calcium) et de Chalcantite (Sulfate de Cuivre).
Ainsi, compte tenu de la variété et de la teneur importante des minéraux sulfurés et des processus de lessivage, plus d'une centaine de minéraux différents ont été recenses.
Ils sont regroupés en éléments natifs, Métalloïdes, Sulfures et Sulfosels, Halogénures, Oxydes, Carbonates, Sulfates et Molybdates, Arséniates, Vanadates et Silicates.
Ils sont des composés de : Soufre, Arsenic, Calcium, Sodium, Potassium, Cuivre, Plomb, Fer, Zinc, Alumine, Manganèse, Baryum, Cobalt, Vanadium, Uranium, Yttrium, Bismuth, Potassium, Chlore, Strontium, Phosphore, Mercure, Nickel, Magnésium, Argent, Titane, Bore, Talium, Antimoine.
Aussi, nous signalerons ici que de nombreuses espèces du gîte de Cap Garonne sont présentes en Namibie, dans le gisement de Tsumeb-Otavi, qui compte 175 espèces différentes. Telle la présence de l'Olivénite, Arséniate de Cuivre, dont le gisement de Cap Garonne est un des plus importants au monde, avec celui de Tsumeb-Otavi et celui de Tintic dans l'État de l'Utah, aux États-Unis, ou encore la Duftite, Arséniate de Plomb et de Cuivre, très rare mais second gisement au monde après celui de Tsumeb-Otavi.
Nota : En juillet 2005 la mine de Cap Garonne comptait 139 minéraux. Et la mine de Tsumeb-Otavi en dénombrait 228.
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