1857
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Messieurs
Layet et Martel qui sont marseillais et négociants
en charbon demandent l'autorisation d'exploiter
une carrière de pavés de grès
à Cap Garonne. Le maire de la commune
de la Garde (le Pradet n'existait pas encore,
c'était un quartier de la Garde qui
prendra son indépendance en 1894),
monsieur Marius Olive, s'aperçoit que
les matériaux extraits contiennent
du cuivre et du plomb. Il demande une indemnisation
financière de 3000 francs or et, en
échange, il donnera son avis favorable
à la demande de concession minière
de Layet et Martel. |
1862
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Autorisation par Napoléon
III pour une concession de cuivre et de plomb.
Les premiers mineurs sont des italiens spécialisés
dans le travail minier. La main-d'œuvre non
spécialisée est recrutée
parmi la population locale. Elle occupe les
postes de chargeur, trieur, rouleur. Pour
forer un trou de 60 cm, les mineurs étaient
deux et il fallait 8 heures de travail à
l'aide d'un fleuret et d'une masse. Les fleurets
étaient remplacés dès
qu'ils s'émoussaient et des enfants
assuraient les allées et venues entre
la forge et les mineurs.
Le minerai extrait est trié par
les femmes sur le carreau de la mine pour
être envoyé à Swansea
(un port du pays de Galles) afin d'y être
traité. Swansea étant à
l'époque le premier centre européen
de traitement métallurgique du Cuivre.
La teneur en cuivre à Cap Garonne
est faible (3 à 8%) et, en France,
on ne savait pas traiter les minerais pauvres.
De plus les taxes de douane vers l'Angleterre
sont supprimées, cela explique le
choix d'une expédition aussi lointaine.
Rapidement Layet et Martel se rendent compte
que la mine n'est pas rentable car les coûts
de transport sont trop élevés.
En effet le minerai trié est chargé
sur des charrettes qui descendent à
la plage de la Garonne. Il est embarqué
sur des tartanes allant à Marseille
d'où il repart sur des cargos en direction
de Swansea.
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| 1873 |
Rachat de la mine par
un anglais, M. Unwin. La reprise de l'exploitation
correspond à une période de
remontée du cours du cuivre. Il sera
le seul concessionnaire à rentabiliser
la mine. Il a dressé des plans de la
mine, élargi et surélevé
les galeries et a diminué les frais
de personnel. En 1877, se produit la rencontre
avec une grande faille qui provoque un net
ralentissement de l'exploitation. |
| 1884 |
Arrêt de la concession
anglaise. La mine va fermer ses portes pendant
8 ans. |
1892
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Reprise de l'activité
avec le rachat de la mine par M. Roux. Il
est le premier à envisager le traitement
sur place du minerai pauvre par voie humide
pour faire du sulfate de cuivre. Celui-ci servira
pour la fabrication de la bouillie bordelaise
(la viticulture étant en pleine expansion
dans la région). Mais la mine n'est
toujours pas rentable. |
| 1899 |
Rachat par la Société
des Mines de Cap Garonne. Elle va tout d'abord
essayer avec 60 ouvriers d'extraire du minerai
avant de produire du sulfate, mais c'est à
nouveau un échec. |
1903
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Rachat de la mine par
MM. Enderlin et Roche qui mettent beaucoup
d'espoir dans la construction de la ligne
de chemin de fer Toulon-Hyères.
Ils négocient la réalisation
d'un embranchement de 4 km 300 qui dessert
la mine. Ils pensent ainsi diminuer le coût
d'envoi du minerai en l'acheminant directement
par train jusqu'à Marseille. Hélas
ils ne trouvent pas preneur, la teneur en
cuivre du minerai étant trop faible.
Ils passent alors un contrat avec un ingénieur
allemand pour la construction d'une usine
servant à la fabrication du sulfate
de cuivre. Malheureusement ils se heurtent
à de nombreux problèmes techniques.
La roche étant trop dure elle endommage
les broyeuses de l'usine. C'est donc un échec
et ils abandonnent l'exploitation en 1907.
La mine ferme pendant 9 ans. |
| 1916 |
Dernier concessionnaire
: M. Bolo Pacha. C'est un aventurier au long
cours qui a écumé le monde entier
en se faisant épouser de dames très
fortunées. Fortune faite, Bolo Pacha
vient en Provence où il rachète
la mine par l'intermédiaire de M. Geydon
de Dives. Mais il ne va l'exploiter, avec
l'aide de 120 ouvriers, que jusqu'en Octobre
1917, date à laquelle on lui confisque
ses biens. Il est arrêté et condamné
à mort pour intelligence avec l'ennemi.
Il sera exécuté en avril 1918.
L'histoire dit qu'il parcourait la colline
à cheval, qu'il rentrait dans les galeries
de la mine et, qu'arrivé à la
falaise, il indiquait par des signaux lumineux aux bateaux allemands qui
étaient au large la position des bateaux français dans
la rade de Toulon .
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| 3
octobre 1917 |
Arrêt définitif
de l'exploitation.
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| 1933-1956 |
Grâce à
son climat humide et tempéré,
la mine de Cap Garonne devient une champignonnière.
Elle fonctionne par intermittence.
Les galeries étant laissées
ouvertes, la mine est livrée au pillage.
Si elle ne contient plus de cuivre, elle recèle
en effet une extraordinaire richesse : plus
d'une centaine de micro-minéraux dont
les minéralogistes du monde entier
connaissent l'intérêt scientifique.
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1984
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Les maires des communes
du Pradet, de la Garde et de Carqueiranne
sont conscients de l'intérêt
culturel et historique que représente
un tel site sur leur territoire. De plus,
la qualité exceptionnelle de l'environnement
incite les autorités locales à
protéger et à mettre en valeur
ce patrimoine d'intérêt national
et européen. La mine est en effet située
au coeur d'un massif boisé de 300 hectares
particulièrement protégé.
Les trois communes propriétaires des
lieux se constituent en Syndicat intercommunal
et décident de fermer la mine pour
faire cesser le pillage, mais aussi pour des
raisons de sécurité.
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| 1990 |
Le Syndicat fait réaliser
des travaux intérieurs de mise en sécurité.
Salles et galeries sont consolidées
sur 4000 m2 de superficie. Une issue de secours
est créée. La décision
est prise de réaliser un parcours de
300 mètres et des salles d'exposition
à l'intérieur de la mine. |
| 9
juillet 1994 |
Le Musée de
la Mine est inauguré.
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